Région Alsace : que faut-il encore pour la voter ?

78% des Alsaciens souhaitent une région Alsace hors du Grand Est (Sondage IFOP pour R&PS, oct. 2026, sur un échantillon national de 9689 personnes). Majorité exceptionnelle sur un sujet politique et chiffre d’autant plus impressionnant qu’il a progressé de10 (DIX) points depuis 2019, confirmant celui du sondage des associations alsaciennes de 2024. Les partisans du Grand Est ne peuvent plus s’en tenir à des dénis dédaigneux. Car voilà qui prouve que plus on connaît la Région plus on en voit l’absurde artificialité. Et plus on la fréquente, plus on constate que sa grande taille n’apporte ni économies, ni meilleur service public aux citoyens. Le coûteux matraquage publicitaire n’a donc guère convaincu car il ne dit rien d’utile et démontre un choquant gaspillage de l’argent public.
Les riches données du sondage doivent maintenant être prises pour leur valeur réelle par le gouvernement et le parlement. Ils doivent enfin comprendre qu’il n’y aura ni résignation, ni renoncement de deux millions de citoyens et que le problème alsacien restera dans le débat national tant que le bon sens et les principes démocratiques n’auront pas triomphé de l’insupportable entêtement des gouvernants. Perdre du temps exposera à de lourdes sanctions électorales, car les élections sénatoriales ont démontré que le projet Alsace est un déterminant majeur. D’ailleurs une nette majorité de Français (56%) considère la revendication alsacienne comme légitime et 59% veulent conserver notre droit local. Nos compatriotes voient et aiment l’Alsace comme une région en soi et condamnent son incompréhensible effacement dans le GE.
Le gouvernement et le Sénat ne peuvent plus se retrancher derrière l’alibi des inspections générales et mettre un rapport administratif au-dessus de la volonté massive et constante des citoyens. Le Sénat s’honorerait de décider rapidement sur la proposition de loi Alsace considérant qu’elle est un texte prioritaire et qu’il ne faut pas rater l’échéance de 2028.
Les élus lorrains et champenois, de leur côté devraient comprendre que le temps des blocages doit cesser et écouter les 55% de leurs concitoyens qui veulent aussi tourner le dos au Grand Est. Le gouvernement serait bien inspiré de susciter une concertation entre des représentants champenois, lorrains et alsaciens pour discuter sereinement de l’évolution des institutions régionales. L’appel au changement des Français est trop puisant pour qu’ils puissent s’imaginer rester dans un intenable statu quo.
Car il est un dernier enseignement important de ce sondage. Une large majorité de Français pense que les régions sont les collectivités d’avenir et les Alsaciens sont ici encore plus nombreux que la moyenne nationale. Une tout aussi large majorité souhaite un redécoupage général des régions afin qu’elles expriment mieux les réalités géographiques, historiques et culturelles du pays et soient des communautés vivantes qui font sens pour les habitants.
Or, comme nous l’expliquons de longue date, sur ce sujet l’Alsace peut servir de laboratoire et de préfiguration, ce qui en fait une grande cause nationale que le Sénat, représentant des territoires et défenseur de la décentralisation, devrait saisir à bras le corps.
