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01 Juil 2026|Bilinguisme

L’affaire OPLA, où pourquoi l’Alsace doit enfin se libérer du Grand Est

L’affaire OPLA, où pourquoi l’Alsace doit enfin se libérer du Grand Est

Le refus (provisoire ?) de la région Grand Est de contribuer au financement de l’Office public de la langue alsacienne (OPLA), qui prend la suite de l’Office pour la Langue et les Cultures d’Alsace et de Moselle (OLCA) est une nouvelle démonstration de la difficile cohabitation entre cette région et la Collectivité européenne d’Alsace (CEA), dont l’OPLA est une émanation. Les élus régionaux ayant expliqué que les origines du différent actuel remontent à celui de 2025 nous allons essayer de montrer le panorama complet. Cela éclairera l’opinion sur les méthodes des dirigeants du Grand Est et conforte l’analyse de tous ceux qui pensent que l’intégration de l’Alsace dans le Grand Est doit prendre fin le plus rapidement possible.

La région participait traditionnellement au financement de l’OLCA. Mais le 27 août 2025 cinq conseillers régionaux avaient démissionné de son Conseil d’administration et un communiqué du président de la région Grand Est confirmait que celle-ci se retirait de cette association. F. Leroy avait, par ailleurs, écrit au président de la CEA, Frédéric Bierry, pour qu’il retire la direction de l’OLCA à Victor VOGT, ce qui n’était pourtant pas dans ses compétences. Les motifs invoqués étaient dérisoires, purement politiciens et sans rapport avec la vie de l’organisme puisque cela concernait la campagne électorale du président de l’OLCA aux élections à l’Assemblée nationale.

Un délit de discrimination

Nous avions alors écrit dans l’Ami Hebdo que remettre en cause le soutien financier de la Région à l’association révélait « une incroyable intolérance politique et un mépris cynique pour les valeurs de la démocratie alimentés par la détestation des défenseurs de la cause alsacienne. » Nous avions aussi signalé que couper les subventions accordées par une collectivité publique pour des motifs politiques est susceptible de constituer le délit de discrimination, sévèrement puni par le code pénal (art. 225-1, 432-7). C’était aussi la preuve que tout ce qui touche aux particularismes alsaciens irrite la mégarégion malgré ses proclamations que la fusion n’affaiblira pas l’identité alsacienne et alors que toutes ses campagnes de propagande vont dans le sens contraire.

Le caractère fallacieux et inconsistant des arguments avancés, la volonté manifeste d’aller à la crise nous avaient conduit à faire des hypothèses sur les véritables objectifs poursuivis, qui étaient à l’évidence d’affaiblir l’OLCA dont la région supportait mal le dynamisme et la concurrence faite au fumeux projet d’identité grand’estienne. On soupçonnait aussi une stratégie du Grand Est visant à utiliser sa force de frappe financière pour mener sa propre politique en matière de culture alsacienne, en compétition frontale avec la CEA et d’autres acteurs alsaciens.

Cela semble aujourd’hui confirmé avec le refus du Grand Est de participer à l’OPLA et donc de coopérer avec les élus de la CEA. La région utilise dans ce domaine, comme dans d’autres, ses subventions pour apparaitre aux yeux des élus locaux, des dirigeants d’associations et des entrepreneurs comme le partenaire principal afin de marginaliser la CEA qui, pour des raisons tenant à la manière dont l’Etat finance les collectivités territoriales, a beaucoup moins de marges de manœuvre budgétaire.

Sortir d’une cohabitation toxique

Le spectacle est inédit : une politique de la culture, de la langue et de l’identité alsaciennes conçue et menée par une institution dont près des deux tiers des conseillers sont Lorrains et Champardennais. Voici la logique de l’absurde Gand Est et une autre illustration de la gabegie financière qui le caractérise. Ces jeux politiciens prolifèrent dans tous les domaines où la région intervient conjointement avec la CEA (culture, sport, tourisme, environnement, transfrontalier, etc.) au détriment d’une bonne gestion publique.

C’est aussi un solide dossier à mettre sous les yeux des inspecteurs généraux chargés par le gouvernement d’évaluer la pertinence de la CEA et les avantages de la création d’une région Alsace. Si on n’arrive pas à s’entendre sur un dossier aussi banal – quoique emblématique d’une politique proprement alsacienne – c’est que le système est bloqué et affecté d’une inefficience structurelle.

La seule manière d’en sortir est d’attribuer à la CEA les compétences et le statut de région afin d’en finir avec cette cohabitation toxique. Malgré un contexte national très volatile, il faut, plus que jamais, garder le cap sur cet objectif et obtenir un examen rapide de la loi Alsace par le Sénat.

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